Personnalités


Des hommes, des femmes qui nous font partager leur vie, leur art, leur passion ayant un lien avec Madagascar.

 
 
 


Landy Vola Fotsy, Tout pour le théâtre

    Il n'est pas possible de parler  de la troupe LANDY VOLA FOTSY sans remonter à la source c'est-à-dire à leur père Odeam Rakoto, très certainement le plus grand comique que Madagascar ait connu. Originaire du village d'Ambohidahara où la reine Ranavalona III choisissait ses artistes, en particulier ses joueurs de flûte, cet autodidacte se nourrissait aussi bien des grands poètes malgaches comme Rabearivelo et Dox que de Molière ou Shakespeare. Sa dernière facétie a été de demander que l'on joue du tambour sur sa tombe. Une semaine après sa mort en 1973 ses enfants reprenaient le flambeau en créant l'ODEAMSON CIRCUS qui quatre ans plus tard allait devenir LANDY VOLA FOTSY. Ils ne vivent aujourd'hui que par et pour le théâtre en donnant quelques 120 représentations par an aux quatre coins  de l'île.

    Doly le patron a fait ses études de philosophie à Bordeaux au lendemain de Mai 68. Il en a gardé une aversion viscérale pour l'embrigadement politique et une ouverture sur toutes les cultures arrimée paradoxalement à une malgachéité non négociable. La pièce fétiche de la troupe s'appelle Anakao du nom de ce village de pêcheurs du Sud bien connu des touristes. Coécrite par Odeam Rakoto et le leader nationaliste Monja Jaona elle raconte dans un subtil dosage d'amour et d'humour l'histoire dérangeante d'un administrateur français des colonies qui a fait un enfant à une fille du village. Le Sud avec la droiture de ses fils et ses hameaux parfois sans route tient d'ailleurs une place à part dans les préférences de Landy Vola Fotsy. Un jour à Ambovombe ils avaient programmé Le Roi et l'Oiseau de Prévert selon la formule du ciné-théâtre. Il s'agit en gros de projeter un film tout en coupant  la bande son et sur scène les comédiens se chargent de lui donner vie en exécutant en direct les dialogues, le bruitage, la musique. La sono était trop faible pour couvrir toute l'assistance mais qu'à cela ne tienne ! Une petite station radio opérant dans la localité, il a été demandé à chacun de se munir de son poste. Pour la première fois peut-être dans les annales mondiales du théâtre on a vu des spectateurs suivre en direct une pièce l'oreille collée à leur transistor…



    Depuis 1995 la troupe est aussi engagée dans le théâtre humanitaire pour véhiculer auprès d'un public rural souvent analphabète des messages vitaux sur le paludisme, l'hygiène de l'eau, la scolarisation, la fréquentation des centres de santé. Bien que foncièrement utilitaire et social, ce type de théâtre requiert des trésors d'imagination pour atteindre sa cible.. Durant les tournées les comédiens logent chez l'habitant et sont payés, quoique le mot sonne mal, avec les réalités du terroir : des dindes, des repas simples, parfois des moutons. "Et il nous arrive de danser pendant des heures après le spectacle". Qui donc parlerait de galère?

    Professionnel jusqu'au bout des ongles Landy Vola Fotsy cultive ses relations extérieures. Des échanges réguliers ont lieu avec le Centre Dramatique de la Réunion et la troupe travaille avec la Compagnie Vincent Colin de Paris tout en étant affiliée au Collectif 12 de Mantes La Jolie. Doly pour sa part est le correspondant de France 3 pour l'émission Faut Pas Rêver et jusqu'à présent 30 reportages ont été réalisés sur des sujets aussi divers que le taxi-brousse, les Tsingy, les pêcheurs Vezo, les langoustes, les filles de joie qui "dansent sur un volcan sans le savoir".

    Les années 70 sont loin et l'homme a mûri, visiblement rattrapé par sa philosophie. "Je vais à la pêche, je suis un grand fainéant, je lis et n'aime pas avoir des urgences". Le prochain palier avoué est très sérieusement de devenir…clown et il a d'ailleurs déjà suivi des stages dans ce domaine. "Il n'y a pas de jeune clown. Ce sont des gens qui ont vécu et compris tellement de choses qu'ils en rient amèrement". Veut-il en fait retrouver l'âme de son enfance et un peu aussi celle d'Odeam Rakoto dont la tombe est juste à l'entrée du village ? Depuis 30 ans, chaque fois qu'il passe devant, Doly n'oublie jamais de klaxonner.


 
 

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