A pied


 

Périple entre Andapa et Maroantsetra (200 km)

D’après une reconnaissance de Didier Young
 

Andapa à Tanambao (45 km) • 10 h

Un couvercle nuageux flotte sur la cuvette d’Andapa. Des lambeaux de brume s’accrochent encore aux montagnes qui enserrent l’un des bassins les plus fertiles du pays. Les rizières s’étendent jusqu’au pied des collines. La route est large, belle et toute récente. La première heure est facile, presque plate. Les choses sérieuses commencent à partir de Antanamangotroka, “gros” village de 200 maisons entouré de rizières. On se mouille les pieds et ils restent mouillés toute la journée.
 

Antanamangotraka 

La piste devient un sentier et bientôt une galerie. La boue fait son apparition. Autour de nous, les montagnes se resserrent. On gravit les premières pentes. Les plantations s’espacent, les rizières disparaissent, puis, après une côte plus raide, nous nous enfonçons dans la forêt : une forêt dense, un peu étrange. La piste est encombrée de troncs d’arbres écroulés, on passe dessus, dessous. Une brève descente, une rivière et ça remonte. Le sentier est en sous-bois, sur une sorte de crête.

De temps en temps, dans une trouée, on aperçoit les rizières, loin en contrebas. On franchit un deuxième rebord avant de redescendre vers la rivière Bessety “beaucoup de chouchoutes”, je remplis mon bidon déjà vide et nous attaquons le dernier raidillon, très escarpé et un peu boueux. La forêt résonne de cris d’oiseaux, j’ai vu des perroquets et des pigeons verts, et aussi des chenilles rouge-fluo et des gros vers verts “taim-bintana”. Essoufflé et trempé, j’atteins le col et m’accorde un petit répit en contemplant une dernière fois la cuvette d’Andapa. C’est la limite des territoires.
 

Besariaka

A partir d’ici, c’est la “Vallée Rouge” qui commence. Jusque-là, j’ai pris mon temps. Mon sac est lourd et j’essaie de prendre des notes précises. Je me jette dans la descente, raide et longue, qui m’emmène au lieu-dit Ambinanitelo, où j’en profite pour me rafraîchir et compléter ma réserve d’eau aux sources.
 
La piste longe et traverse la rivière jusqu’à Besariaka. A part quelques collines rapidement avalées, la piste est plate. Au premier hameau, je peux me restaurer et souffler un peu. Un plat de riz, une boîte de sardines, une banane et un café, et c’est repartit en descente de nouveau, puis dans le lit de la rivière.
 
Forêt de lianes, de fougères coupantes, je me fais lacérer les tibias. De gros lézards saluent notre passage de claquements bizarres. Quelques cases éparses témoignent de l’approche d’une communauté humaine. Encore une dizaine de traversées de rivières et j’atteins Besariaka, “énorme” village de 150 habitants. Plantations de café et de canne à sucre, quelques raphias. Pas de boutiques – Pas d’école – halte.

Tanambao

Comme je me suis économisé, je continue, toujours dans la rivière. Une première côte, vite franchie dans la forêt de plus en plus dense. Et puis ici, pas de finesse, le sentier suit le relief, il n’y a pas de lacets.
 
Et ça grimpe de nouveau jusqu’à un petit col par un sentier étroit en corniche. Justin, mon guide, me signale que j’ai une sangsue dans le cou et me l’arrache délicatement, mais ça saigne un bon moment. On dévale la pente jusqu’à une rivière.
 
La piste est meilleure et bordée d’énormes troncs de palissandre et aussi de “rambo”, ces arbres avec la fibre desquels on fait les nattes. Une fois au fond de la vallée, la piste est de nouveau envahie de ronces et d’herbes hautes jusqu’à Ambavala (50 hab), premier hameau d’un groupe de cinq, globalement appelé Befontsy “beaucoup de bananes” du nom de la rivière.

Je pousse encore un peu pour atteindre Tanambao où les gens, prévenus par ceux qui m’ont précédé aujourd’hui, m’attendaient, tellement il est rare de voir passer des “vazahas” dans ces contrées. Toilette à la rivière et je m’endors en pensant aux pionniers européens qui venaient découvrir ces régions où d’ailleurs, d’après les “notables” du village, personne n’est plus passé depuis le préfet d’Antalaha en 1955…
 

Tanambao à Ambodiangezoka (38 km) • 7 h 35

Une bonne nuit réparatrice et une journée calme devant moi. Inutile de forcer car après le dernier village, il y a un immense “trou” sur la carte, et même si je me sens en forme, je n’ai pas envie de courir. Tout le village est là pour assister à mon départ, j’engloutis encore quelques bananes et traverse le village en disant “veloma” (au revoir) à tout le monde.

Un gamin poussé devant par les autres s’enfuit en hurlant, courant comme un dératé jusqu’au bout du village sous les hurlements de rire de la foule. Sa peur est alimentée par l’habitude tenace qu’ont les gens à Madagascar, de parler du “vazaha” (l’étranger) aux petits enfants comme du “père fouettard” ou du loup-garou. Celui-là ne devait pas avoir la conscience tranquille… Les plus courageux m’observent entre les jambes de leurs aînés à distance respectueuse.
 
Je traverse encore deux hameaux : Tsararano et Tanambao II en longeant la rivière Befontsy par une piste plate et belle, surplombée de hautes collines dominées par le pic du Maherivaratra “Là où gronde le tonnerre”. Puis la piste s’élève, serpentant entre les rares plantations pour gravir un petit col déboisé, assez raide, par un sentier mal entretenu, coupé d’innombrables torrents ; le sol est glissant et même un peu boueux, et la descente raide est parfois plus rapide que je ne le voudrais.

Les tendons de mon genou droit commencent à me tirailler. Je m’arrête à Beanantsindrana pour boire un café, avaler deux comprimés de Surgam et me frictionner avec une pommade à la Percutalgine.

Les gens m’observent avec étonnement et un respect mêlé de curiosité. Pour eux, tous les “vazahas” sont un peu docteurs, voire même sorciers. Le sentier suit toujours la rive droite de la Befontsy avec quelques variations de niveau. Il enjambe quelques collines dont une assez haute, pour éviter les méandres, parfois très longs, de la rivière. Plus je progresse, moins la carte au 1 : 50 000e me sert, car les derniers relevés datent de 1964 et depuis, les rivières ont changé de lit, les villages de place, voire même de nom.
 

Ambinanantsahamena

Après une dernière traversée de la Befontsy, très large et profonde jusqu’à mouiller le short (je fais 1m 82), j’atteins Ambinanantsahamena. Je m’arrête pour souffler et on m’offre de la patate bouillie, comme c’est l’heure de l’apéro, je ne refuse pas. Je traverse un petit affluent pour reprendre une belle piste en corniche sur la rive gauche de la Befontsy.

Un brin de toilette à la rivière avant d’escalader le “toboggan” de terre rouge qui mène à la grande-rue “d’Antsahamena – City”, capitale de la région. Toutes les cases sont alignées le long de la grand-rue et sur pilotis. Ça fait très western. Je cherche le saloon, on m’amène chez Armand, le secrétaire du Président qui me raconte que les derniers “vazahas” qu’on a vu rôder par ici, c’était “mon père” Gaillard en provenance d’Anoviara en 1969 et deux chercheurs d’or italiens en 1971.

Je suis donc reçu comme un ambassadeur. Justin, mon guide fut président du “Fokontany” ici pendant plusieurs années et les gens sont encore très respectueux à son égard. C’est un homme instruit, à l’esprit vif et qui connaît la région comme sa poche. Repas copieux. Petite sieste. Je m’offre 2 heures de repos.
 

Antsahabe

Après un bon café, je repars accompagné de Boto, un jeune du village, qui va aussi à Ambodiangezoka : 18 ans, costaud, le béret vissé sur la tête avec pour seul vêtement, un short et pour seul bagage, son sourire, la simplicité et la joie de vivre des gens sans soucis. Il veut devenir footballeur international.

En attendant, on avale la piste en longeant la rivière. C’est parfois glissant et un peu dangereux mais on a la “pêche”. On atteint le pied d’une colline qu’on escalade à quatre pattes en 10 minutes, puis on redescend pour longer de nouveau une rivière jusqu’à Antsahabe où je fais la rencontre d’un noble vieillard, hilare et édenté, qui baragouine un peu de français et me raconte qu’il a travaillé aux quatres coins du pays et qu’il a fait tous les métiers, alors depuis on l’appelle “passe-partout” ! Boto et moi, sommes morts de rire, car il est complètement sourd, il hurle au lieu de parler.

On avale quelques letchis – colline…, descente – cinq minutes dans la rivière – colline de nouveau – le terrain est plus accidenté. Je marche dans un tunnel de végétation, les pieds dans un ruisseau ; il semble que ce soit le chemin le plus facile – belles chutes d’eau – j’atteins le carrefour avec l’autre piste, celle qui passe par Betsomanga par l’autre rive. Dix minutes de descente, j’assiste à des envols de papillons multicolores.

Une dernière colline et nous atteignons une grosse rivière : l’Ambodiangezoka qui donne son nom au dernier village de la vallée, le plus haut vers le col. La piste est large et bien entretenue en terrain facile, étroite et encombrée en terrain difficile.

Nouvelle colline, puis descente vers Tsaravinany. Encore un petit effort, sur une bonne piste plate et facile, et je découvre Ambodiangezoka. 500 habitants, dernier village du canton et même de la province, puisque demain je franchirai la dernière montagne qui sépare la province de Diégo-Suarez de celle de Tamatave. Au milieu du village, un terrain de foot et une école avec un instituteur pour 5 niveaux scolaires et 91 élèves. Une fois par mois, il doit descendre chercher sa paye à Andapa et l’aller-retour lui prend une semaine.
 

Traversée de la presqu'île de Masoala entre Maroantsetra et Antalaha(110 Km)

Ce périple dont le but est de relier la ville de Maroantsetra à Antalaha, permet de découvrir en profondeur, la fabuleuse forêt de l’Est. Il faut compter 4 à 5 jours de marche à travers jungle, marais, rizières et plantations. Autant d’épreuves et d’images différentes.

Une bonne condition physique est indispensable car certaines liaisons doivent être réalisées à un bon rythme et les terrains présentent de nombreux obstacles (passage de rivières, terrain boueux, topographie accidentée, etc.). Tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette traversée une aventure inoubliable.

Période favorable : il est préférable de choisir les mois de septembre et d’octobre qui sont les mois les plus secs et pendant lesquels la température est la moins élevée.
 

Périple entre Ihosy et Farafangana

Transversale du relief de l’île à travers l’ancienne piste dégradée reliant Ihosy à Farafangana (impossible en véhicule). Ce périple d’une semaine permet d’apprécier une grande variété de paysages.

Le début du parcours passe à travers l’Ibara (Petit Colorado) puis on pénètre dans la forêt et enfin on termine par une descente dans les “Savoka” (Savane de Ravinala) et la zone de petites collines. Certains ponts sont coupés et la piste n’est praticable qu’à pied. C’est une expédition pour amateurs avertis (être en bonne condition physique et prévoir du matériel). Prendre des porteurs au départ d’Ihosy.
 

Périple entre Imerimandroso et la Côte-est

Imerimandroso peut être le point de départ d’une marche de 4 à 5 jours à travers l’épaisse forêt primaire pour rejoindre le village de Vavantenina. Autrefois, ce chemin était une voie de passage couramment utilisée pour se rendre de la Côte Orientale vers les Hautes Terres et vice versa.

Cartes IGN ou FTM détaillées de la zone à l’échelle 1 : 100 000e (Vohimanikely réf. T43, et Vavatenina réf. V43) 
 

Matériel et équipement nécessaires 

Un petit sac à dos par personne, sac étanche ou plastique avec des affaires de rechange, une bonne paire de chaussures avec des semelles antidérapants (pataugas ou chaussures de foot…), paire de “tongue” pour le soir, moustiquaire, trousse médicale d’urgence, couteau, serviette, briquet ou boîtes d’allumettes, filtre purificateur d’eau type Gobelet WTC ou pastilles “Micro pur”, toile cirée et une tente légère pour les bivouacs, 1 K Way, 1 chapeau.

De l’argent en petites coupures, cartes de la zone, boussole mais surtout un bon guide.
 
 
 

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