Majunga

Localisation







Majunga (Mahajanga) "Cité des fleurs de la déformation de Mji Angaïa"
Qui guérit de Mahajanga "Terre sacrée, terre d’élection de Moudzangayéh"
 
Située à l’embouchure du fleuve Betsiboka en bordure de la baie de Bombetoka, Majunga est au centre d’un creuset d’influences africaines et orientales, grâce aux liens commerciaux tissés depuis des siècles entre les populations Sakalava et celles venant des îles Comores, d’Afrique, d’Inde mais aussi d’Europe. L’influence coloniale a laissé une forte empreinte architecturale avec ses bâtisses imposantes aux hautes colonnes et blanchies à la chaux. Majunga, c’est ainsi une multitude d’images qui se juxtaposent : ses mosquées d’un blanc immaculé, son quartier indien et ses maisons aux portes sculptées, son port où s’affairent débardeurs et commerçants, tireurs de pousse-pousse volubiles, femmes en pagnes colorés affairées au “bazary”, le marché.
 
L’origine de la ville serait liée à l’implantation d’une population “Antalaotra” (terme désignant les populations qui viennent d’au-delà des mers et par extension Arabes, Comoriens ou Indiens), qui avait établi des comptoirs commerciaux sur la côte Ouest de Madagascar (dont celui de Langany dans la baie de Mahajamba) et qui s’installa à l’embouchure de la Betsiboka vers 1715 et la nomma “Moadzangaïe” ou 
“Mji Angaïa” qui signifie “la cité de fleurs” en langage Antalaotra. Au cours du XVIIIe siècle, bien que faisant partie du royaume Sakalava du “Boina”, la cité jouissait d’un statut autonome particulier (sorte de “comptoir franc”). Au début du XIXe siècle, Radama1er entreprit la conquête du Boina et combattît à plusieurs reprises les troupes du roi Andriantsoli. La population Antalaotra prit la fuite et s’embarqua à Katsepy à destination de la côte africaine et des îles Comores. Le roi Sakalava Andriantsoli se retira avec sa population jusqu’aux abords de la Mahajamba après avoir incendié volontairement la ville. En 1883, la ville fut prise par les Français et en 1895 le corps expéditionnaire y débarqua avant de remonter vers Tananarive. 
 
Second port de Madagascar et premier port de la côte Ouest, Majunga a une vocation commerciale tournée vers l’extérieur. Les produits locaux essentiellement d’origine agricoles y sont traités pour y être exportés ou destinés au marché intérieur. La ville compte quelques industries: une usine textile, des abattoirs (normes C.E.E.), des pêcheries (crevette, thon, langouste) avec une flotte étrangère importante et plusieurs usines de stockage et de conditionnement, cimenterie, usine sucrière (Namakia). 
 
 
Le baobab
Situé au milieu du square Poincaré. Cet immense baobab originaire d’Afrique (Adansonia digitata) est devenu le symbole vivant de la ville.
 





 
Le port aux boutres
Noix de coco en tas, bottes de raphia d’Analalava, bois de la Mahajamba, encombrent le quai. Les transbordements se font à dos d’homme et une armée de dockers effectuent un va-et-vient incessant entre les cales des navires et les dépôts. Les imposantes goélettes de construction traditionnelle laissent entrevoir leurs poulies de renvoi en bois, cordages en fibres naturelles et leurs voiles en coton souvent rapiécées et usées par le soleil et les coups de tabac dûs au “Varatraza” (vent violent soufflant dans la région). Le cuistot prépare le repas de l’équipage au charbon de bois dans une petite cabane aménagée. Ces bâtiments semblent sortir tout droit d’une autre époque, pourtant boutres et goélettes sont encore aujourd’hui largement utilisées sur l’ensemble de la côte ouest de Madagascar. Il est conseillé de visiter le port le matin, car c’est à ce moment là qu’il y a le plus d’animation.




 
Les anciennes maisons arabes aux façades ouvragées
Les portes sculptées des bâtisses des commerçants indiens 
Ces portes auraient été importées des Indes à la fin du XIXe siècle. Elles sont visibles surtout dans le quartier du port aux boutres.
 
La promenade en corniche
C’est la promenade traditionnelle de fin de journée le long du boulevard Poincaré et en corniche. On y vient nombreux, pour flâner en profitant des magnifiques couchers de soleil et se retrouver entre amis ou en famille. Pour les amoureux, le jardin d’amour situé à la pointe du caïman domine l’ensemble de la baie du Bombetoka. La promenade peut se prolonger jusqu’au “Port Schneider” dont la jetée est le vestige d’un projet de port. On peut également poursuivre en direction du village touristique.


 
La plage d’Amborovy (10 km env.)
Grande plage où se côtoient village traditionnel de pêcheurs (nombreuses pirogues) et bungalows de villégiature. 
Accès : prendre la route de l’aéroport, puis suivre une piste à gauche (panneaux indicateur) qui débouche en bordure de mer. 
 
Le cirque rouge
Après avoir quitté le bord de plage, on se retrouve soudain entouré de petites collines de latérite où de larges ravines ont été creusées par l’érosion. Les différentes couches successives se distinguent par une gamme de teintes pastels, ocres et sanguines. Le silence du site n’est troublé que par le souffle du vent dans les feuillages des ravenala (arbre du voyageur) dont la verdure tranche sur l’azur du ciel. 
Certaines femmes utilisent les diverses couleurs de sable et de terres pour réaliser à la main de magnifiques bouteilles colorées, composées de motifs locaux. Se renseigner au village d’Amborovy. 
Accès : à partir de la plage d’Amborovy, suivre la piste côtière en direction du nord durant 2 km environ.
 
Le lac de Mangatsa
“Micro lac” avec une eau transparente où se sont développés en toute quiétude des “poissons sacrés” que l’on n’a pas le droit de pécher mais on peut leur donner à manger. Accès : à partir de l’aéroport d’Amborovy prendre la piste qui contourne le terrain d’aviation.