La Chaîne du Bongolava

Localisation




Cette chaîne qui s’étire sur plus de deux cent kilomètres du Nord au Sud forme un véritable rempart naturel entre les Hautes Terres et les pays de l’Ouest. Ses hauteurs sont occupées par une vaste forêt sèche que l’on traverse par la piste, notamment entre Ambaravaranala et Beravina. Une carcasse de zébu témoigne du passage d’un troupeau. Peut-être un animal abandonné par quelques “Dahalo” (bandits) qui sévissent dans cette région inhabitée et qui sont spécialisés dans le vol de bœufs. Au sommet du Bongolava, un arrêt est consacré aux offrandes sur le site des “Doany d’Orimbato” qui ont vu s’affronter les armées Merina et Sakalava. Une pièce de monnaie, un peu de tissus, du miel ou de l’alcool, seront déposés. L’important est de ne pas oublier ces traditions pour bénéficier de la protection des ancêtres lors de la grande descente.

Le changement d’altitude est brutal, le climat devient sec et chaud, la végétation, l’habitat et la population se transforment après l’impressionnante descente du Bongolava. Les paysages sont grandioses et la vue porte vers l’Ouest jusqu’au massif du Bemaraha. Le ciel est d’un bleu puissant et change de la brume des Hautes Terres. L’arrivée à Beravina est salutaire et permet de se restaurer un peu. Le village compte plusieurs petites épiceries et quelques gargotes.

A l’ouest de la chaîne du Bongolava existe un vaste “No Man’s Land” où les collines s’enchaînent à perte de vue. Nous sommes en pays Sakalava du Menabe. Ces immenses étendues de savane sont colonisées par une espèce de palmier caractéristique, le “Satrana” (Hyphaene coriacea, Arecacées), qui déploie ses larges feuilles en éventail. Quelques arbustes tels que les “Mokonazy”, jujubiers sauvages, subsistent dans cette unité de paysage aride mais jamais monotone. Les rares villages se distinguent par des bosquets où trônent d’imposants manguiers qui ont pu échapper à la proie des flammes. Car cette pauvre terre est continuellement brûlée par les feux de brousse allumés par les pasteurs Sakalava.
 
Tsiroanomandidy à Ambaravaranala (106 km)
Piste de terre entrecoupée de tronçons goudronnés. Cette portion de piste traverse une zone accidentée occupée principalement par des “Tanety” (terres dénudées). On croise parfois des bouviers guidant et surveillant d’immenses troupeaux jusqu’à la ville de Tsiroanomandidy pour le grand marché aux bestiaux hebdomadaire. Le village d’Ambaravaranala est occupé par quelques maisons en terre très typiques. Nous sommes encore en Pays “Ambaniandro” (ceux qui vivent sous le soleil).