Paradis tropical, l'île Sainte-Marie est préservée du tourisme de masse. Authentique, elle a une histoire particulière et une population accueillante.

 
 

Ile Sainte-Marie

Localisation




 
Véritable paradis tropical, l’île Sainte-Marie est encore relativement préservée du tourisme de masse. C’est donc une île authentique avec ses plages désertes ou occupées par de petits villages de pêcheurs au mode de vie traditionnel et séculaire. Les véhicules peu nombreux du fait d’une faible infrastructure routière renforcent le côté “intemporel” de cet endroit du “bout du monde”.


 
Les pistes et les sentiers sont toutefois nombreux et la taille de l’île (60 km de long pour 5 km maximum de large) permettent de la visiter en douceur à pied ou en bicyclette. De nombreux hôtels sont implantés le long des côtes et vous permettront de faire des haltes appréciées.
Les sites et les pôles d’intérêt ne manquent pas: L’île aux Nattes, le cimetière des pirates, la forêt d’Ampanihy, l’île aux Forbans, la migration annuelle des baleines à bosse, ses fêtes populaires... Les amoureux de fonds sous-marins pourront également faire des plongées près des récifs coralliens.


 
Il est à noter que la réputation pluvieuse de la côte Est ne s’applique que peu à l’île  Sainte Marie. En effet, son faible relief ne retient que peu les masses nuageuses qui vont s’accumuler sur le versant oriental de la  grande terre.


 
L’île Sainte-Marie doit son nom aux navigateurs portugais qui la baptisèrent, comme le voulait la tradition, par le saint du jour de la découverte. Peut- être était-ce pour remercier la Vierge Marie de les avoir protégés d’un naufrage ? Ce nom acquis au XVIe siècle avait été précédé par le nom de Nosy Boraha car ses habitants se disaient “zafi-boraha”, c’est à dire descendant de “Boraha”.


 
Au début du XVIIIe siècle, la côte Nord-Est de Madagascar ainsi que l’île Sainte Marie étaient fréquentées par de fameux corsaires (aussi appelés forbans). Ceux-ci entretenaient de bonnes relations avec la population, bénéficiant ainsi d’un “havre de paix” dans l’océan Indien. Nombreux sont ceux qui s’installèrent et firent “souche” à Sainte-Marie. Leurs descendants étaient surnommés “malates” (par déformation du mot mulâtre). L’un d’entre eux, un certain Ratsimiloatra (fils d’un pirate anglais et de la fille d’un chef de Sainte-Marie) réussit à s’imposer et à créer un véritable royaume s’étendant de Foulpointe à la baie d’Antongil. Il régna ainsi durant trente années sur le pays Betsimisaraka.



A sa mort, en 1750, sa fille Betty hérita de l’île Sainte Marie. Celle-ci partagea les mêmes sentiments de sympathie envers les Français que son père et sous l’influence du caporal “La Bigorne”, l’île fût cédée au roi de France. La cession reçut l’aval de tous les chefs traditionnels et l’acte fût signé le 30 juillet 1750, par Gosse, Adam De Villiers et les officiers du navire Mars. “La Bigorne”, initiateur du rattachement de l’île Sainte Marie à la France, mérite que l’on s’attarde à son histoire peu commune. Jean Onésine Filet dit “La Bigorne”, Gascon d’origine, s’engage à bord d’un navire de la Compagnie des Indes qui commerce entre Madras et Pondichéry.

Blessé lors d’une bataille contre les Anglais, il doit regagner l’Ile Bourbon avec ses galons de caporal fraîchement acquis. Enfin guéri, une liaison galante avec la femme d’un officier l’oblige à prendre la poudre d’escampette à bord d’une frêle embarcation que les vents et les courants pousseront jusqu’à l’île Sainte-Marie. Après avoir passé plusieurs jours sans vivre ni eau, il est recueilli et soigné par des jeunes femmes de l’île. Parmi celles-ci, Betty, qui n’est autre que la fille du roi Betsimisaraka Ratsimilaotra. “La Bigorne” épouse Betty peu de temps après. A la mort du roi, Betty hérite de l’île Sainte Marie et “La Bigorne” se retrouve de ce fait, prince consort.


 
Après le traité de rattachement à la France, Gosse, devenu administrateur de l’île, se met à dos l’ensemble de la population par ses mauvais agissements. En 1753, après plusieurs tentatives de complots à son encontre, la veuve de Ratsimilaotra “Mamadion” fomente un soulèvement qui débouche sur le massacre de la communauté française. Betty, ayant été écarté de cette action, réussit tout de même à sauver quelques Français. La même année, un navire est envoyé de l’Ile de France pour reprendre possession de Sainte Marie et punir les auteurs de la révolte. Des fortifications sont alors bâties sur les hauteurs d’Ambodifototra afin d’en assurer la défense. Peu de temps après, la belle Betty s’en alla finir ses jours à l’Ile de France (Ile Maurice).


 
Dès 1761, le comptoir de Foulpointe est préféré au site de Sainte Marie car la place fournit de nombreux zébus utiles à l’île Bourbon et à l’île de France. En 1804, Sylvain Roux est nommé agent à Madagascar par le général Decaen, alors gouverneur de l’île de France. En 1811, après l’annexion de l’île de France par les Anglais, ceux-ci s’emparent de Tamatave et de la plupart des comptoirs de la côte est de Madagascar. Sylvain Roux est contraint de capituler. Mais l’occupation anglaise sera de courte durée car le traité de Paris, signé en 1814, impose à l’ Angleterre de restituer Madagascar à la France. Le 15 octobre 1818, le baron de Maikan, capitaine de frégate, reprend possession de Sainte-Marie. En 1821, l’agent Sylvain Roux s’installe sur l’îlot Madame aussi nommé “Lonky”. Il meurt en 1823 et est remplacé provisoirement au poste de commandant de l’île par Albrand, avant la venue de Blévec. Puis se succédèrent à ce poste, Schoell, Gailly et Carayon. En 1830, la France conserve ses droits sur l’île bien que l’Angleterre lui ait demandé d’évacuer la baie de Tintingue. L’île Sainte Marie sera rattachée le 27 octobre 1876 à l’îIe Bourbon, puis le 4 mai 1888 à Diégo-Suarez, et enfin à Madagascar le 28 janvier 1896. 


 
La culture du girofle demeurait autrefois une des principales activités économiques de l’île. Durant la période s’étalant d’octobre à décembre, on peut observer les différentes phases avant sa distillation : la récolte, puis “la griffe” où l’on sépare le clou du pédoncule, et enfin le séchage avec une odeur puissante caractéristique. La distillation a lieu toute l’année, l’île comptant encore quelques vieux alambics !